Dormir dans une cabane arty au fond des bois (à une heure de Paris) – Go-Buzz

Dormir dans une cabane arty au fond des bois (à une heure de Paris)

Il y a ceux qui s’offrent un vignoble ou un joli manoir. Anne Caroline Frey, elle, s’est acheté une forêt en Touraine. 300 hectares de chênes, pins Douglas, châtaigniers et sophoras avec ses sangliers, faons, biches, chouettes, aigrettes et hérons pourprés. Se faisant, elle s’est aussi offert une nouvelle vie. Cette ancienne media planner overbookée assume être « sortie de l’ornière » comme elle dit, en laissant derrière elle le bitume (et le stress) parisien. Bobo des villes prenant la clé des champs, elle a acheté une forêt à Esvres, à une vingtaine de minutes de Tours, dans laquelle elle a fait construire dix-huit lodges sur pilotis en bois non traité, à 4 mètres du sol, dans un décor digne d’un roman de Jack London.

Ouvert cet été, le Loire Valley Lodge est un havre de paix maximal pour un bol d’oxygène végétal. De quoi ravir le citadin masqué ayant besoin de se ressourcer, pile poil à une époque où l’ère post Covid fait fantasmer l’urbain traumatisé par le confinement, de carrément déménager à la campagne, comme Anne caroline l’a fait, voilà dix ans.

Elle accueille ainsi le visiteur au fond de son bois, à la réception qui a été aménagée dans une ancienne ferme. Dominant son petit havre champêtre, elle y travaille dans un bureau en plein air, construit sous la charpente du toit. En face, une jolie piscine entourée de sculptures contemporaines. Au rez-de-chaussée, un petit concept store, un bar-salon cosy et le restaurant proposant un menu à 36 € (déclinaison de tomates du jardin, magret de canard fumé au Douglas, filet de bar grillé beurre blanc aux baies de genièvre, assiette de chèvres de Touraine…) concocté par le chef Hippolyte Delcher.

Lodge sixties ou ambiance « Les ailes du désir »

En parcourant la forêt, la terre retournée par les bulldozers – qui ont construit les cabanes – n’a pas encore retrouvé tout son lustre. Pour autant, les dix-huit lodges sont bien là, érigés en hauteur, cernés par les arbres immenses et sous une voûte de verdure odorante. Décorés avec soin et en maxiconfort, ils ont tous des thèmes différents, portant chacun la patte créative de photographes, graffeurs, peintres, musiciens, sculpteurs.

Le Paradis (d’Adam et Rêve) imaginé par Charlélie Couture, le Yellow Shelter ou le Lost Lodge d’Aurèle, Uzume ou Izanagi signés par Jacques Bosser, Les Ailes du Désir de Michel Audiard, l’univers totalement décalé de Cédric Marcillac dans Moodywood… Même la patronne Anne Caroline y a injecté ses goûts pop en signant le lodge « Sixties ». La cabane Lucien, la plus excentrée, est ainsi un hommage à Gainsbourg avec sa platine, ses disques vinyles et enceintes XXL. L’occasion de chanter à plein poumon « Je t’aime… moi non plus » aux sangliers faisant la smala sous vos pieds.

L’endroit fleure bon la retraite bohème. Tout y est : les grandes baies vitrées face au grand lit douillet entouré des feuillages jouant sur la lumière, le jacuzzi sur la terrasse surélevée (on peut également s’y offrir un massage énergétique prodigué à partir des essences de la forêt), le petit-déjeuner apporté dans un panier tressé avec jus bios et croissants chauds. Les terrasses de certains lodges sont mêmes traversées par des arbres. Ces derniers servent également d’écrin à diverses œuvres d’art contemporain disséminées un peu partout alentour.

Surtout, ce domaine du Loire Valley lodge reste brut et sauvage. Pas de faux-semblants, ni chichis portés par le vent. Formée à la sylvothérapie (approche naturopathique qui s’appuie sur la puissance des arbres) Anne Caroline Frey y a fait sa psychanalyse personnelle en se ressourçant aux pieds des vieux chênes centenaires. Une discipline qu’elle a embrassée bien avant le best-seller « La vie secrète des arbres » de Peter Wohlleben, grâce auquel on a appris que les arbres sont des êtres sociaux, qui peuvent compter, apprendre et mémoriser et même faire preuve de solidarité.

Ici, Anne Caroline fait venir des amis pour une initiation aux rouages secrets de la nature. Au programme : randos lyriques en compagnie du chanteur d’opéra Vincent Karche, qui pousse ses décibels jusqu’aux cîmes. Autre possibilité : suivre la sylvothérapeute Céline Connan, qui vous entraîne dans une méditation à l’aveugle au gré des sentiers, pour une immersion sensorielle qui fait mousse. Le soir, c’est à la lampe de poche, dans le noir absolu et les bruits de la forêt que l’on regagne à pied ou à vélo sa cabane perchée. Les sangliers sont de sortie, les oiseaux de nuit aussi. Le silence n’a jamais été aussi vivant.

A partir de 270 € la nuit. Rens. 02-47-38-85-88 et loirevalleylodge.com

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