Stéphane Mallarmé, pionnier des magazines de mode – Go-Buzz

Stéphane Mallarmé, pionnier des magazines de mode

« Monsieur Worth, seul, a su créer une toilette aussi fugitive que nos pensées. On n’a qu’à le vouloir pour se figurer une longue jupe à traîne de reps, de soie du bleu le plus idéal, ce bleu si pâle, à reflets d’opale, qui enguirlande quelquefois les nuages argentés. » Non, ce texte n’est pas issu du compte Instagram d’une chroniqueuse mode encore toute ébaubie par le dernier défilé de la fashion week. Ces lignes datent de 1874 et sont l’œuvre du poète Stéphane Mallarmé, auteur d’« Hérodiade » ou d’« Igitur », partisan de « l’art pour l’art » – et dont l’hermétisme a rebuté bien des lycéens.

C’est un fait encore peu connu aujourd’hui, mais Mallarmé a aussi été le directeur (et unique contributeur) d’une revue baptisée « la Dernière Mode ». Ce faisant, il a offert ses lettres de noblesse au genre sous-estimé de la critique de mode.

"Quand je vous dis que c'est une robe de chez Worth, je reconnais la touche" - illustration de Charles Albert d'Arnoux paru dans "La comédie de notre temps : études au crayon et a la plume. Les enfants, les jeunes, les murs, les vieux" par Bertall (1820-1882)

« Quand je vous dis que c’est une robe de chez Worth, je reconnais la touche » – illustration de Charles Albert d’Arnoux paru dans « La comédie de notre temps : études au crayon et a la plume. Les enfants, les jeunes, les murs, les vieux » par Bertall (1820-1882)

Et même inventé au passage le tout premier magazine lifestyle français. On trouvait en effet dans cette gazette élégamment illustrée des articles consacrés à la mode mais aussi au design, à l’architecture, à l’orfèvrerie, aux voyages, aux bonnes tables et au décryptage des dernières tendances qui agitaient la vie des rich and famous et autre it-girls de l’époque. Exactement ce que l’on peut lire

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Nouvelobs