Les pionniers du lifestyle (4/7). George Sand, aristo bohème et anticonformiste – Go-Buzz

Les pionniers du lifestyle (4/7). George Sand, aristo bohème et anticonformiste


C’est la dispute de trop, violente et imprévisible. Nous sommes le 19 octobre 1835, George Sand ne risque pas d’oublier la date. Cela fait déjà plusieurs jours qu’elle séjourne à Nohant, étrangère dans sa propre maison. Son fils adoré, Maurice, doit bientôt repartir en pension. L’automne est souvent beau dans le Berry, mais avec Casimir, son mari, l’heure est aux règlements de comptes. Quelques jours plus tôt, elle a accepté de lui abandonner la moitié de ses revenus pourvu qu’elle récupère sa propriété et obtienne la garde de sa fille Solange. Mais rien ne la garantit d’un futur changement d’humeur : « C’était son droit, le mariage le veut ainsi ; dans notre législation, l’époux étant le maître, le maître n’est jamais engagé envers celui qui n’est maître de rien », enrage-t-elle. Quand la dispute éclate – « un orage que rien n’avait provoqué, rien absolument, pas même une parole ou un sourire de ma part » –, ses amis berrichons sont présents, ainsi que son fils. Elle quitte la pièce, s’enferme dans sa chambre, et console Maurice : « Cela ne recommencera pas », promet-elle. Sa décision est prise. La législation ne permettant pas encore le divorce, elle engage à l’encontre de son mari une procédure de « séparation de corps ».

Le procès promet d’être long, incertain et très médiatisé. Mais qu’importe, le jeu en vaut la chandelle : « Pour George Sand, il s’agit aussi d’un acte politique. Dans le mariage, tel que l’avait codifié Napoléon, les femmes étaient entièrement ficelées et




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