Stress, insomnie… les infections à coronavirus peuvent avoir des conséquences sur la santé mentale des malades – Go-Buzz

Stress, insomnie… les infections à coronavirus peuvent avoir des conséquences sur la santé mentale des malades


Si la santé mentale des personnes confinées à cause de l’épidémie de COVID-19 peut être mise à l’épreuve, c’est aussi le cas des malades. Tel est le constat dressé par des scientifiques du King’s College de Londres et de l’University College London qui alertent sur le fait que les personnes tombées malades par des infections à coronavirus peuvent rencontrer des problèmes psychiatriques pendant leur hospitalisation mais aussi après leur rétablissement. Leur étude a compilé les résultats de travaux sur des personnes hospitalisées à cause de coronavirus récents, à savoir le SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère), le MERS (syndrome respiratoire du Moyen-Orient) ainsi que le COVID-19.

Certains coronavirus ne provoquent que de légers symptômes, par exemple un rhume, mais le SRAS-CoV-2 (qui provoque le COVID-19) peut provoquer des problèmes respiratoires graves, tout comme le SRAS-CoV-1 (virus impliqué dans l’épidémie de SRAS de 2002-2004) et le MERS-CoV, (qui a causé le MERS en 2012). Au total, 72 études ont été prises en compte, cette synthèse étant considérée comme la première recherche à avoir effectué un examen aussi détaillé des études décrivant les conséquences des infections à coronavirus en termes de symptômes psychiatriques. Celle-ci comprenait les données de plus de 3 500 personnes ayant été hospitalisées pour l’une de ces trois maladies.

Les patients hospitalisés peuvent présenter des signes de délire

« Notre analyse se concentre sur les risques potentiels pour la santé mentale d’être hospitalisés pour une infection à coronavirus et sur la façon dont les conditions psychiatriques pourraient aggraver le pronostic ou empêcher les gens de reprendre une vie normale après leur rétablissement.», notent les chercheurs. L’analyse a révélé qu’une personne sur quatre hospitalisée pour COVID-19 peut souffrir de délire (confusion, agitation) ce qui peut prolonger la durée d’hospitalisation. L’étude montre aussi que lors d’une infection à court terme par le SRAS ou le MERS entraînant une hospitalisation, ce trouble est aussi apparue chez 7 à 33% des patients, ce qui suggère que le délire serait une caractéristique commune.

Par ailleurs, une mauvaise humeur, de l’anxiété, de l’insomnie, des troubles de la mémoire et des troubles de la concentration étaient d’autres symptômes psychiatriques vécus pendant la maladie qui ont été signalés dans plus de 30% des cas. Les effets post-récupération du COVID-19 n’étant pas encore connus, l’évocation de risques à long terme tels qu’un trouble de stress post-traumatique (SSPT), la fatigue chronique, la dépression et l’anxiété est basée sur des études sur le SRAS et le MERS. Ainsi, près d’une personne sur trois hospitalisée pour ces deux maladies ont développé un SSPT, avec un suivi moyen de près de trois ans, surtout en cas de problèmes de santé physique persistants.

« L’impact mondial sur la santé mentale pourrait être considérable »

Par ailleurs, les taux de dépression et d’anxiété étaient également élevés, à environ 15% un an ou plus après la maladie, et plus de 15% des patients ont également souffert de fatigue, de sautes d’humeur, de troubles du sommeil ou de troubles de la concentration. Certaines études incluses dans la revue exploraient les facteurs qui prédisposent les malades à souffrir de complications psychiatriques pendant ou après une infection à coronavirus. Elles suggèrent que les travailleurs de la santé, les personnes qui ont déjà souffert d’une maladie mentale, celles endeuillés par l’épidémie et celles souffrant de complications physiques après l’infection devraient être considérés comme des groupes à risque.

« La plupart des personnes atteintes de COVID-19 ne développeront aucun problème de santé mentale , même parmi celles souffrant de cas graves nécessitant une hospitalisation, mais étant donné l’énorme nombre de personnes tombant malades, l’impact mondial sur la santé mentale pourrait être considérable. », ajoute le co-auteur principal de l’étude, le Dr Jonathan Rogers. Si davantage de recherches sont nécessaires pour savoir comment prévenir au mieux l’apparition de troubles de la santé mentale chez ces patients, l’équipe scientifique recommande d’ores et déjà de réduire leur isolement social en leur permettant de communiquer avec leurs proches grâce à des systèmes vidéo.

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