En cas de menace, l’être humain cherche du contact – Go-Buzz

En cas de menace, l’être humain cherche du contact


Le fait que les supermarchés aient été dévalisés dans les jours suivant l’annonce du confinement en France nous pousse à penser qu’en cas de problème, la réaction qui prime est : « Chacun pour soi« . Pourtant, ce n’est pas ce qu’affirme la science.

Une étude publiée par la revue Current Biology le 18 mai 2020, et menée par les chercheurs du Laboratoire de psychologie sociale et cognitive à Clermont-Ferrand, nous révèle que la recherche de contacts sociaux est fondamentale en cas de menace.

Entre individualisme et envie d’aider

L’abandon des normes sociales et l’égoïsme primaire sont des comportements qui peuvent se produire, expliquent les scientifiques, mais de façon rare. Des études sociologiques et psychologiques montrent que, sous l’effet du stress, les gens restent souvent calmes et coopératifs. La conséquence est que, en réponse à la menace actuelle d’infection, nous souhaitons avoir des contacts sociaux, en particulier avec les personnes aimées et vulnérables.

Mais pourquoi les masques, les gels hydroalcooliques, les pâtes, les œufs et le papier toilette ont été pris d’assaut ? N’est-ce pas un comportement irrationnel et égoïste ? Il s’agit d’une réaction humaine, car notre cerveau a du mal à évaluer les grandes quantités, il sous-estime les risques et il valorise les gains à court terme.

Rechercher le contact social

Mais c’est aussi une réaction très rationnelle : nous voulons accumuler des stocks lorsqu’on nous annonce que nous devons rester chez nous pendant une durée indéterminée. De même, il est parfaitement logique, au niveau individuel, de courir vers les sorties lorsque le bâtiment est en feu. Néanmoins, indiquent les chercheurs, ces décisions rationnelles et individuelles sont le résultat d’une réflexion consciente. Nos réponses intuitives, elles, sont plutôt coopératives.

Dans des circonstances réelles menaçantes, si nous n’avons pas le temps de réfléchir froidement, nous avons tendance à rechercher le contact et à adopter un comportement altruiste. Pour preuve, lorsque les médias ont commencé à parler du Covid-19, avant que le confinement ne soit prononcé, la nouvelle a été accueillie avec calme, et la plupart des Français a préféré passer des moments en groupe plutôt que de restreindre les sorties.

La menace invisible d’un virus

La recherche de contact serait donc une pulsion « naturelle » qui contribue à la régulation physiologique des réponses du corps aux facteurs de stress. Et dans le cadre du coronavirus, comme pour tout contexte menaçant, notre désir de contact physique devient encore plus fort. S’en priver, c’est perdre un point d’équilibre important.

Un autre aspect à prendre en compte est la perception de la menace, précisent les auteurs de l’étude. Les maladies majoritairement asymptomatiques comme le Covid-19, sont plus difficiles à appréhender. Le côté invisible du danger nous pousse à oublier que nous pouvons être porteurs de l’infection.

Une expérience réelle et virtuelle

Même si la période de confinement est terminée pour le moment, les chercheurs tiennent à rappeler que les mesures de distanciation sociale impliquent des aspects positifs. Grâce aux réseaux sociaux et aux différents outils de vidéoconférence, nous pouvons contacter virtuellement nos voisins, nos parents éloignés, voire même des groupes d’anonymes.

« Sur le plan politique, cela signifie que l’accès à l’internet et à la communication est une priorité, surtout lorsqu’on sait que les plus vulnérables sont aussi les moins connectés d’un point de vue technologique », estiment-ils. « Nous sommes en plein milieu d’une vaste expérience visant à déterminer si notre cerveau, et notre corps, peuvent se passer de la proximité physique. »

À lire aussi

Sante Magazine