Faire l’amour avec un casque de réalité virtuelle – Go-Buzz

Faire l’amour avec un casque de réalité virtuelle


La réalité virtuelle permet de « ressentir un univers virtuel par le biais de ses différents sens : la vue le plus souvent mais aussi le toucher, l’ouïe, l’odorat ». Cette définition étant posée, passons à la pratique. Premières étapes : s’équiper d’un casque de réalité virtuelle, qui utilise le principe d’affichage en 3D stéréoscopique. En quelques clics, il faut aussi trouver un porno en VR (virtual reality). Tout est maintenant prêt, j’enfile le casque, et, enfin, l’expérience peut commencer.

Des situations surréalistes et inédites

Dans le premier film, je vois à 180°, je suis à la place d’un homme, j’ai donc un pénis pour la première fois de ma vie et je fais l’amour avec une femme… Cette dernière est directement sur moi, nue et très excitée. Elle me semble si près que, machinalement, j’ai un geste pour la repousser. Comme il s’agit d’une vidéo d’essai, c’est très court, et en l’espace de quelques minutes elle m’a quasiment tout fait. A ce moment-là, je me dis que c’est impressionnant : j’ai été totalement projetée dans un autre monde que celui que j’habite dans le réel. J’ai enlevé le casque et redécouvert le salon où je me trouvais, non sans une pointe de soulagement tant rester dans cet univers serait pour moi cauchemardesque.

Des rapports expéditifs et vulgarisés

J’ai ensuite recherché un film dans lequel un homme fait l’amour à une femme (il suffit de taper « VR female » dans la barre de recherche de n’importe quel site porno). Le garçon n’est pas laid, et très enthousiaste. Il se déshabille en me regardant dans les yeux… J’ai plus envie de rire qu’autre chose. Je peux voir mon moi virtuel, elle a de plus petits seins que moi et un tatouage que je ne porte pas, et, là encore on ne voit qu’à 180°. La projection est un peu limitée, mais pas impossible. Et puis rebelote, en quelques minutes, je vis la totale : il me lèche le corps, me fait un cunnilingus, puis me pénètre dans plusieurs positions. Je peux voir des détails improbables, que l’on ne voit jamais dans la réalité… Et les proportions ne me semblent pas bonnes. Voilà, c’est fini. S’il y a eu quelques picotements dans ma culotte, ils ont été aussi rares que brefs. Et puis, comment se vautrer dans la jouissance avec un casque sur la tète ? Comment ne pas trouver ça ridicule ?  Conclusion : un manque évident de sensations tactiles, de sentiments, de beauté, de singularité…
 
Notez qu’il est aussi possible de trouver ces vidéos immersives avec deux femmes, deux hommes, plusieurs de chaque, un mix orgiaque, ou encore de voir la scène sans faire partie de l’image… Il y en a pour tous les goûts. Vous pouvez aussi rechercher vos VR selon certaines pratiques, ou encore – comme cela est précisé dans la rubrique immersion du site Jacquie & Michel – réserver une camegirl, de façon à personnaliser votre film selon vos envies. On peut aussi imaginer se mettre en scène soi-même et/ou avec le partenaire de notre choix, pour coller au plus près de la réalité et de nos désirs. Ou se servir de sextoys connectés pour lier le visuel au palpable.

Mon avis sur le sexe en réalité virtuelle

Personnellement, j’ai trouvé ça plus marrant et excitant qu’un porno classique, mais sincèrement je ne risque pas d’y retourner tous les jours… Mes amis hommes m’ont dit, au contraire, préférer la distance qu’il y a par rapport à un « vrai film de cul ». Dans tous les cas, il manque le toucher, les odeurs, les sensations, les sentiments, tout ce dont sont faites les relations amoureuses et sexuelles. Et, quand bien même nous parvenons à les reproduire (comme avec certains systèmes qui vont associer des sensations olfactives et tactiles au visuel), faire l’amour avec casque sur les yeux et des simulateurs de toutes sortes et de toutes parts est pour moi la plus triste et anti-sexe des idées. A moins que ce ne soit d’avoir une vraie relation avec une fausse personne, à l’instar de certains Chinois qui vivent en couple avec leurs poupées gonflable. C’est ça, l’Avenir ?

L’avis d’un psychologue/sexologue sur le sexe virtuel par casque

Sébastien Garnero, psychologue/ sexologue, souligne combien l’hypersexualisation de notre société, si elle présente certains aspects positifs concernant la libération des mœurs et de la sexualité, a entraîné d’autres aspects plus négatifs comme la pornaddiction, l’addiction aux sites de rencontres, une surconnexion sexuelle, une cyberdépendance affective, ou encore une angoisse de performance sexuelle

« L’immersion dans le virtuel est alors une extension de la pornographie standard dans une quête de sensations et de mise en actes de fantasmes, toujours plus stimulants mais en réalité déconnectés du lien affectif et d’un partenaire réel humain. Et c’est bien là tout le problème, la dissociation entre une sexualité virtuelle autocentrée dénuée d’un lien à un autre humain et celle d’une sexualité réelle inscrite dans le registre du désir, d’une relation humaine, dans l’érotisme des pulsions de vie et d’amour. »

Un prêt à fantasmer

Il met aussi en garde contre l’appauvrissement de l’imaginaire érotique standardisé dans une forme d’un « prêt à fantasmer » normé par l’industrie du porno.  Ainsi, « une immersion virtuelle sexuelle toujours plus importante peut favoriser à terme un passage de plus en plus rapide vers la compulsion puis vers l’addiction avec des conséquences néfastes que l’on voit déjà dans les cyberaddictions comportementales aux jeux vidéo chez les adolescents, mais cette fois-ci dans le champ de la sphère sexuelle et affective, essentielle à la construction de son identité. »

En extrapolant sur la généralisation de ce type de pratiques, on pourrait assister à une augmentation exponentielle du célibat au profil nouveau faisant référence à de nouvelles typologies sexuelles : addicts cyberphile, cybersexuel, robosexuel et autres variantes.

Si l’expérience reste ponctuelle

Le psychologue nuance toutefois son propos : « On peut relativiser ce phénomène de surexposition à la cybertechnologie dans le domaine de la sexualité, si celui-ci reste marginal, comme un gadget porno de plus dans l’arsenal déjà existant. Ces expériences cybersexuelles ponctuelles sont alors susceptibles d’enrichir le champ des pratiques sexuelles de ses utilisateurs.»

La seule utilisation intéressante en sexologie de la réalité virtuelle ou augmentée avec des scénarios ou situations types « non porn » pourrait être éventuellement, juge le psychologue, dans « certains traitements de phobies, d’inhibitions ou d’aversions sexuelles, comme on peut le voir pour certaines phobies sociales, dans une optique d’exposition très progressive et de désensibilisation. »

Bien à vous et à votre « moi » virtuel,

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