Enceintes en pleine épidémie Covid-19 : trois futures mamans témoignent – Go-Buzz

Enceintes en pleine épidémie Covid-19 : trois futures mamans témoignent


Sarah, enceinte de 7 mois, a contracté le coronavirus. Marion, dont le terme est prévu le 9 mai, appréhende d’accoucher seule et ne sait pas qui pourra garder le grand si le père est tout de même accepté à la maternité. Quant à Myriam, elle vit sa première grossesse dans la crainte d’être contaminée. Elles se confient au Journal des Femmes.

Les femmes enceintes, d’ordinaire inquiètes quant au bon déroulement de leur grossesse, doivent en plus gérer les appréhensions liées au coronavirus. Si le suivi de grossesse est maintenu durant cette période épidémique, les futures mamans doivent se rendre seules aux échographies et autres rendez-vous médicaux indispensables. Ce qui les angoisse surtout : c’est d’accoucher seules, sans le papa. Car pour l’heure, certaines maternités acceptent encore la présence du père en salle d’accouchement, tandis que d’autres les refusent pour protéger les mères et leurs bébés. Sarah, Marine et Myriam ont accepté de nous raconter leur expérience et leur manière d’appréhender ces prochains mois.

« Si le papa vient à l’accouchement, je ne sais pas qui gardera mon fils de 3 ans »

Marion est enceinte de 8 mois et son accouchement est prévu le 8 mai 2020. Il est donc probable que le confinement soit encore d’actualité lorsqu’elle devra partir à la maternité Foch, à Suresnes. « Pour l’instant, le papa est accepté dans la maternité dans laquelle je dois accoucher, mais il ne pourra pas rester durant le séjour. Je ne sais pas également s’il pourra être là dès le début des contractions qui peuvent durer longtemps, ou uniquement lorsque je commencerai à pousser« , précise la future maman. Lors de sa dernière échographie qui avait lieu le 9 mars, les pères pouvaient encore accompagner leur conjointe, mais depuis le 16 mars, les futures mamans s’y rendent seules. En revanche, ses séances de préparation à l’accouchement sont annulées. « A la place, j’ai déjà suivi deux séances en vidéo, seule avec la sage-femme, et cet après-midi, le cours se déroulera avec d’autres futures mamans, en visio également, via Doctolib« .

Au vu de l’évolution de l’épidémie de Covid-19, Marion s’inquiétait de devoir accoucher seule, comme de nombreuses futures mamans. « Ce qui m’inquiétait le plus, c’était que le futur papa ne puisse pas être à mes côtés le jour J, d’autant que pour ma première grossesse, je suis restée longtemps seule pour gérer les contractions avant l’accouchement. J’espère donc que ma maternité ne durcira pas ces restrictions. Et puis c’est aussi important pour mon mari, de pouvoir assister à la naissance de sa fille, d’autant que ce sera probablement notre dernier« . Enfin, le jour de l’accouchement, « ma sage-femme m’a prévenu que l’anesthésiste pourrait être très occupé et ne pas être disponible pour me faire la péridurale« , déclare Marion.

Pour l’heure, un autre élément pose problème : « si le papa est accepté le jour de l’accouchement, je ne sais pas qui pourra garder mon fils Paul, âgé de trois ans. Surtout si l’on doit partir en urgence. Nos voisins sont confinés ailleurs, et si je fais appel à mes proches, il peut y avoir un risque de contamination« . En effet, les enfants ne sont pas acceptés à la maternité après la naissance. « Là aussi, je m’étais imaginée Paul lors de sa première rencontre à la maternité avec sa petite sœur, nous avions prévu de lui donner un cadeau et qu’il puisse lui en offrir un à son tour. Nous ferons cela à mon retour à la maison » confie la future maman, bien consciente que ces mesures sont mises en place pour protéger les parents, les enfants et le personnel soignant. 

Sarah, enceinte de 7 mois, est atteinte du Covid-19

Dès le début du confinement, le 16 mars, Sarah a commencé à avoir un mal de gorge. « Je pensais que ces symptômes étaient liés à une allergie aux pollens« . Le lendemain, le mal de gorge disparaît avant de refaire surface le jour suivant, accompagné cette fois de fièvre et de toux sèche. « Dans la nuit de mardi à mercredi, j’ai toussé toute la nuit, et j’avais 38,6 de fièvre« , précise-t-elle. La future maman appelle son médecin, qui lui conseille de contacter immédiatement le 15. Les secours la conduisent alors à l’hôpital Saint-Antoine à Paris, et elle est testée positive au coronavirus. Pour autant, le personnel soignant la laisse rentrer chez elle, en lui demandant de porter un masque, des gants, de s’isoler dans sa chambre et de désinfecter la maison entièrement. « Le plus dur, c’est de ne pas pouvoir voir ses trois enfants, son mari, et de rester seuleDifficile aussi d’expliquer à la petite dernière, âgée de trois ans, que maman est confinée et qu’ils n’ont pas le droit d’ouvrir la porte ni de m’approcher. Mon mari s’occupait des petits, me préparait à manger et déposait un plateau devant ma porte pour que je puisse le récupérer ». Ce 23 mars, les symptômes reprennent de plus belle et Sarah a des difficultés pour respirer. « Il faut savoir que lorsqu’on est testé positif au coronavirus, on fait partie d’un fichier Covid-19. Les médecins nous appellent toutes les 4 heures et ils sont revenus me chercher » précise-t-elle. « Je suis encore sous surveillance, je porte un masque à oxygène car je suis très essoufflée quand je parle« . Mais la future maman est rassurée lorsque les médecins lui affirment que le coronavirus ne présente aucun risque pour le bébé pendant sa grossesse. « Ils m’ont dit que le virus ne passait pas par le sang ni par le placenta« .

Myriam, enceinte de son premier enfant : « j’ai surtout peur de contracter le virus »

Enceinte de 5 mois, Myriam doit accoucher le 5 août 2020 à la maternité des Diaconesses à Paris. « Je suis heureuse de ne pas accoucher maintenant. De toute façon, mon médecin m’avait recommandé de me reposer à la maison, j’aurai donc été plus ou moins confinée« , précise la future maman. « Ce qui est difficile, c’est qu’on a peur de l’attraper. J’angoisse surtout d’avoir de la fièvre pendant ma grossesse et que cela favorise les contractions ou les risques de fausses couches« , s’inquiète-t-elle. Si elle prend les mesures de confinement au pied de la lettre avec son conjoint, elle est bien obligée de sortir de chez elle dans quelques jours pour se rendre à son échographie du deuxième trimestre, qui reste obligatoire. « Je vais devoir y aller toute seule, avec un masque et du gel hydroalcoolique, mais je compte bien filmer toute l’échographie pour la montrer ensuite au futur papa et en garder un précieux souvenir ».  Des moments de bonheur que les pères ne peuvent malheureusement plus partager avec la future maman. Pour autant, Myriam relativise. « Je me dis que j’ai la chance de ne pas accoucher tout de suite et que d’ici le mois d’août, tout sera rentré dans l’ordre ».


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