« Difficile de faire du lancer de disque dans mon jardin ! » – Go-Buzz

« Difficile de faire du lancer de disque dans mon jardin ! »


Les jeux Olympiques de Tokyo, prévus l’été prochain, à partir du 24 juillet, auront-ils bien lieu ? L’incertitude plane plus que jamais sur l’évènement, alors que l’épidémie de coronavirus ne cesse de gagner du terrain. « On vit, comme tout le monde, un peu au jour le jour », confie à « l’Obs » la Française Mélina Robert-Michon, dont le nom circule pour être la porte-drapeau de la délégation française.

Vice-championne olympique de lancer du disque 2016, multiple championne de France, l’athlète s’attendait évidemment à une tout autre préparation pour ses sixièmes Jeux, qui seront aussi les derniers de sa longue carrière. Comment vit-elle cette période de confinement ? Voici son témoignage.

« Le Covid-19 était inévitable, et même prévisible » du fait de notre impact écologique

« La situation n’est facile pour personne en ce moment. On sent tous que nous ne sommes qu’au tout début d’une période qui s’annonce très particulière. Il y a forcément de l’inquiétude, pour mes proches, et notamment mes parents, et des interrogations. Car personne n’est à l’abri. Moi, je ne m’entraîne plus depuis mercredi [11 mars], cela fait une semaine.

Quand j’ai appris que la Coupe d’Europe de lancers qui devait se tenir au Portugal ces jours-ci était annulée à cause de l’épidémie, j’ai décidé d’avancer la semaine de repos que je devais prendre après cette compétition. En attendant d’en savoir un peu plus.

« Ce n’est que du sport »

Quand j’ai pris cette décision, j’avais un petit espoir de retrouver l’entraînement après cette semaine de repos. Je m’étais dit que je reprendrais ce jeudi. Mais depuis, beaucoup de choses ont changé, le confinement a été mis en place, donc c’est l’inconnu. Est-ce que ce sera possible d’aller au stade où j’ai l’habitude de m’entraîner à Lyon ou est-ce qu’il va fermer  Dans mon cas, il est difficile de télétravailler en faisant du lancer de disque dans mon jardin ! C’est un sport qui ne nécessite pas de partenaire pour s’entraîner mais qui exige énormément d’espace… [Mélina Robert-Michon détient le record de France de la discipline, avec un lancer à 66,73 mètres.] Pour l’heure, je veux éviter au maximum de sortir. J’ai donc récupéré un peu de matériel pour faire le maximum de choses chez moi, comme des assouplissements ou de la musculation. On verra la semaine prochaine pour le reste.

Je ne suis pas très optimiste pour les jeux Olympiques. Mais franchement, c’est secondaire. Ce n’est que du sport, nos efforts et notre attention doivent d’abord être focalisés sur la meilleure manière d’endiguer ce virus, et de limiter le nombre de malades. Nous, sportifs, on s’adaptera, quel que soit ce qui sera décidé. Si ces Jeux sont reportés, il y aura certes un peu de frustration mais elle passera très vite. Vu la situation, les JO ne sont pas du tout la priorité. Et j’essaierai de voir le bon côté des choses s’ils sont reportés d’un ou deux ans : j’ai 40 ans, je suis à la fin de ma carrière, donc cela m’obligera à continuer encore un peu. Ce sera le signe qu’on ne veut pas que j’arrête !

Ces jours où la France s’est confinée

Restreindre ses déplacements

La situation est sans doute plus complexe pour les athlètes qui n’ont pas encore leur ticket pour les Jeux et qui devaient participer aux dernières épreuves qualificatives ces prochaines semaines. Se préparer avec autant d’incertitudes, c’est forcément difficile. Mais honnêtement, je ne vois pas comment les Jeux pourraient avoir lieu aux dates prévues maintenant.

En temps normal, je fais trois entraînements par jour, ce qui représente une trentaine d’heures sur le terrain par semaine. Pour l’instant, il n’y a pas de manque, mais il y a un moment où cela va forcément arriver. Mes journées sont désormais rythmées plus encore que d’ordinaire par mes deux enfants. Ma fille aînée qui a 9 ans n’a pas école, donc j’essaie de l’occuper autant que je peux, comme tout parent en ce moment.

« En Chine, la baisse de la pollution va épargner plus de vies humaines que le virus en aura coûté »

Le confinement décidé lundi soir me semblait inévitable. Cela faisait déjà plusieurs jours, de mon côté, que je ne rendais pas visite à mes parents, qui sont de par leur âge des personnes à risques, afin de ne pas les exposer. J’avais commencé à restreindre au maximum mes déplacements. Plus on fera d’efforts dès maintenant, plus on aura de chances de sortir de cette situation rapidement. »




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